Auteur(s) : Yamba Élie OUÉDRAOGO
Pays de parution : Burkina Faso, Cameroun, Côte d’Ivoire, Guinée, Maroc, Sénégal, Togo
Langue(s) :
français
Prix : 4 000 FCFA ; 65 DH ; 60 000 GNF
« Tout a commencé le jour où nous avons été secrètement informés par une personne très sérieuse, de la possibilité pour chacun de nous d’entrer en possession d’une mallette d’argent inépuisable…
J’allais oublier de vous parler d’un élément très important du cours normal des choses : la dot. À Kalgala, le rituel ordinaire pour obtenir la mallette d’argent ne comporte pas de sacrifice sanglant. La tradition de Kalgala veut que l’on dote l’argent qu’on reçoit. La mallette mérite tous les égards qu’on doit à une fiancée.
Pour imposer des limites raisonnables à la ruée des chercheurs d’argent vers Kalgala, le huit cent sixième prêtre du Mer’himbre, le grand Poapoali, a ajouté ce qui suit : le petit d’une chauve-souris et un bébé-scorpion, tous deux apportés vivants à Kalgala ; le nez d’une chienne ayant mis bas 12 chiots ; les prémolaires d’une folle foudroyée le vendredi à côté d’une mosquée, et les molaires d’un fou, foudroyé le dimanche à côté d’une église ; les larmes d’une veuve de noir vêtue qui faisait semblant de pleurer la mort de son mari… »
Yamba Élie Ouédraogo était professeur de philosophie et vice-recteur de Swiss Umef University of Burkina. Vautours enchantés est son quatrième roman après On a giflé la montagne, Falagountou suivi de Le rire et La dynastie maudite. Il a à son compte trois pièces de théâtre, mises en scène mais non publiées. Il est décédé en octobre 2025, quelques mois avant la publication de cette coédition solidaire.
Créée en 2007, la collection « Terres solidaires » est une expérience collective. Elle propose des textes littéraires d’autrices et auteurs africain.e.s, édités par un collectif de maisons d’édition en Afrique francophone. Grâce au principe de la coédition solidaire, les textes circulent, sont disponibles et accessibles pour les lecteurs africains ; l’écosystème du livre local est préservé et renforcé.
La collection « Terres solidaires » est soutenue par l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).
Droit de lire, de résister, d’espérer La jeune génération prend la parole
Initiées par l’Alliance internationale de l’édition indépendante, les Assises de Fès sont orchestrées avec les éditions En toutes lettres au Maroc, qui ont porté la candidature de Fès pour accueillir ce prochain grand événement.
Fils rouges des Assises 2027 de l’Alliance Renforcer et promouvoir les valeurs de l’Alliance
En 2021, alors que le monde entier vivait au rythme de l’épidémie de Covid, se préparaient les Assises 2021 de Pampelune, autour d’un mot clé : REpenser. Comment se construirait l’édition indépendante « d’après » ? Quelle serait la responsabilité des éditeur·rices indépendant·es dans les transitions et transformations de demain ? Comment (ré)affirmer le rôle de la bibliodiversité dans la construction de sociétés plus émancipées, plus libres, plus justes ? La Déclaration issue des Assises de Pampelune traduisait (et traduit encore) la volonté collective des éditeur·rices indépendant·es d’œuvrer « Pour une édition indépendante décoloniale, écologique, féministe, libre, sociale et solidaire » rappelant leur engagement pour le caractère culturel, social et politique du livre et de la lecture ; la démocratisation du livre dans les sociétés ; la lecture comme pratique émancipatrice qui forge l’esprit critique de citoyen·nes, acteur·rices au sein de leur société.
Suite aux Assises 2021, sont nés un Guide des bonnes pratiques, des groupes de travail thématiques au sein de l’Observatoire de la bibliodiversité, le salon Babelica dédiée à l’édition indépendante à l’échelle internationale, des projets de traductions et de coéditions, des cartographies, des analyses, des ateliers, des rencontres... En parallèle, le réseau de l’Alliance a grandi et accueilli de nouvelles maisons d’édition (notamment en Asie et dans le monde arabe). Il s’en passe des choses en 6 ans.
Les Assises poursuivront ainsi les travaux et réflexions qui sont au cœur du réseau de l’Alliance autour des enjeux (écologie du livre, politiques publiques du livre, liberté d’éditer, éditions solidaires, numérique/IA…) et des engagements portés par les éditeur·rices indépendant·es.
• La passion aux dépens de la santé (mentale, financière, physique…) ?
• Quel livre pour quel lecteur/quelle lectrice ?
• Les dons de livres, où en est-on ?
• Quelles alternatives pour faire face au piratage industriel ?
• Quelles usages et pratiques de l’IA pour l’édition indépendante ? Quelles alternatives « éthiques » possibles ?
• Quelles sont les bonnes pratiques écologiques pour les maisons d’édition indépendant·es ?
• Quelles traductions des langues dites « minorées/minoritaires » vers les langues dominantes ?
Inclure et accueillir ; faire dialoguer et donner la voix/voie
Les Assises 2027 sont également façonnées à partir de plusieurs mots clés : les jeunes dans la rue / Gen Z / les voix LGBTQIA+ / la censure (et le contournement de la censure) / la santé mentale / le bien-être / les safe space / l’inclusion / l’esprit critique…
Un monde chaotique et abîmé
Depuis 2021, de nouveaux conflits ont éclaté dans le monde ; la violence de la guerre est devenue le quotidien de plus en plus d’éditeur·rices. La montée des nationalismes, des conservatismes et des autoritarismes s’est répandue dans les sociétés, insufflant des courants de racisme et de sexisme, mettant en danger toutes les diversités (de genre, religieuses, culturelles, etc.). Les catastrophes naturelles se sont multipliées, nous laissant spectateur·rices impuissants d’une crise climatique annoncée. Des empires financiers et technologiques se sont formés et consolidés, imposant une standardisation des contenus, fragilisant l’écosystème actuel du livre, limitant les libertés d’expression et l’esprit critique.
C’est dans ce monde de plus en plus chaotique et abîmé que nous sommes 6 ans après… Un monde où il devient difficile de s’écouter, de dialoguer, de ne pas être d’accord. Un monde où le débat d’idées et les livres sont menacés (voire interdits), où la censure (et l’auto-censure) empêchent une pluralité de points de vue et de témoignages…
Des espaces de solidarité et de résistance
Dans ce contexte de replis, de difficultés voire de dangers pour l’expression et la représentation de toutes les diversités, les espaces de solidarité et de résistance à petite ou grande échelle sont nombreux et font beaucoup de bien. Ces safe spaces peuvent aider, sont fédérateurs et porteurs d’espoirs. Ce sont ces espaces de solidarité et de résistance que les prochaines Assises internationales de l’édition indépendante mettront au cœur de leurs préoccupations et débats.
• Comment résiste-t-on ensemble ?
• Quels sont les moyens de contournement des atteintes aux libertés ?
• Quel rôle social et politique le livre et l’éditeur·rice joue-t-il ?
• Comment dialogue-t-on de sujets complexes et sensibles dans un contexte interculturel ?
• Comment édite-t-on en contexte de crise, de guerre ?
• Comment prend-on soin de nous, de ces espaces de solidarité ?
D’autres voix/voies
Un monde malade et injuste que les jeunes générations viennent bousculer : en Indonésie, à Madagascar, au Maroc, au Népal, au Pérou… la Gen Z est dans la rue, revendiquant d’autres possibles, demandant plus de justice sociale, rêvant d’une vie digne. C’est cette jeune génération qui sera la cheffe d’orchestre de ces Assises grâce au partenariat avec l’École de la pensée critique, initiative portée par les éditions En toutes lettres avec la Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales de l’université Sidi Mohamed Ben Abdellah de Fès. Un groupe d’étudiant.es et de jeunes professionnel·les du livre élaboreront le programme des Assises, animeront les débats et échanges et témoigneront de leurs expériences et points de vue.
• Comment et autour de quels enjeux s’organise la résistance de la jeune génération ?
• Quel rôle et place tiennent les livres et la lecture dans cette résistance – et plus largement pour les jeunes générations ?
• Quelles sont les modes d’organisation et de connaissances de la Gen Z ?
• Quels sont les espoirs et les utopies portés par les jeunes ?
• Comment faire lien (entre les cultures, les générations…) ?
Moment unique pour le mouvement de l’édition indépendante, les Assises mettent en lumière une autre facette du monde du livre, composée d’une multitude de voix, souvent marginalisées et étouffées. Basées sur le dialogue interculturel, la solidarité et la pluralité des approches, les Assises sont un espace de discussions, de réflexions, de recherches et d’actions. Elles permettent d’établir collectivement un portrait de l’édition indépendante mondiale (Amérique latine, Afrique, Asie, Europe, monde arabe et Océanie) : elles donnent le « la » sur les tendances et enjeux qui interrogent le monde du livre – et plus largement, l’état du monde.
Plus d’informations ici (document évolutif, en pleine construction collective ! :
Depuis plusieurs mois, l’Alliance internationale de l’édition indépendante travaille aux côtés des éditions Double ponctuation à la publication d’un numéro tout à fait spécial de la revue Bibliodiversité, qui donne la parole à 30 jeunes auteurices de moins de 30 ans, venant de 30 pays différents. Repéré·es et contacté·es grâce à l’intermédiaire des éditeur·rices membres de l’Alliance, ces jeunes auteurices prennent la parole et nous racontent leur monde, leur société, leurs angoisses mais aussi leurs luttes, leurs utopies, leurs espoirs. Cet énorme projet débouchera non seulement sur un recueil de textes intitulé « Résister et espérer » mais structurera aussi nos échanges au sein de Babelica.
Elles et ils vivent au Niger, au Maroc, aux Philippines, à Singapour, en Inde, en Afghanistan, en Palestine, au Mozambique, en Uruguay, au Chili, en Ukraine, en République tchèque, en Turquie… ; ces jeunes talents seront à l’honneur pendant cette édition 2026 de Babelica et nous vous invitons à les écouter et dialoguer avec eux les 21 et 22 septembre prochain.
En octobre 2024, les membres de l’Alliance ont décidé de créer un espace de solidarité avec les professionnel·les du livre en Palestine, afin que les voix palestiniennes soient entendues, que la littérature palestinienne soit mise en valeur et que les acteur·rices du livre en Palestine puissent y être représenté·es.
Cet espace n’est pas figé et se concrétise de différentes manières. En 2026, l’Alliance propose un catalogue de titres sur la Palestine (titres édités par des maisons d’édition palestiniennes et/ou au sujet de la Palestine). Ce catalogue se nourrit des titres proposés et recommandés par des membres de l’Alliance. L’objectif premier de ce catalogue est de favoriser les projets de cessions de droits, de coéditions et de traductions des titres édités en Palestine ou sur la Palestine. Il sera régulièrement alimenté et actualisé.
En juin 2025, des éditeur·rices arabophones (dont des éditeurs palestiniens) et francophones réuni·es à Tunis dans le cadre de rencontres organisées par l’Alliance ont présenté des titres de leur catalogue sur la Palestine, dans l’optique d’échanges de droits (cessions de droits, coéditions, traductions).
« Alors que nous sommes entrés dans le XXIe siècle, il est difficile de dissocier la fin des moyens : que dire, et où le dire ? Ainsi, nous constatons que beaucoup d’idées et d’écrits cherchant à promouvoir le débat, la création et la pensée critique, la justice et l’égalité sont publiés dans des grands conglomérats aux multiples labels éditoriaux. Le pouvoir transformateur de ces œuvres n’est-il pas réduit à néant lorsqu’elles plongent dans les rouages de l’industrie du divertissement ? C’est un fait, les sociétés transnationales, quel que soit leur domaine d’action, sont l’expression même du système qui nous domine. Les choisir comme maisons d’édition, n’est-ce pas, d’une manière ou d’une autre, laisser le monde des idées transformatrices aux mains de ceux qui jettent les bases du modèle que nous critiquons ? N’est-ce pas renforcer le contrôle du grand capital sur la parole et notre vie quotidienne ? Par ailleurs, comment ne pas s’interroger sur les investissements croisés des groupes d’entreprises qui possèdent les maisons d’édition ? Et, ces croisements sont-ils neutres ? »
Dans cette lettre ouverte, les éditrices et éditeurs indépendant.e.s proposent à l’ensemble des acteurs du livre de réfléchir avec elles et eux à leurs pratiques, et aux impacts qui en découlent. Elles et ils appellent notamment les auteurs, les universitaires et les intellectuels à travailler pour des projets dont la vocation est de transformer l’ordre des choses et non de le consolider, à publier leurs œuvres dans les maisons d’édition indépendantes de leur pays, et à privilégier également des maisons d’édition indépendantes lorsqu’il s’agit de céder les droits étrangers et de traduction.
Alors que le monde entier subit les conséquences sanitaires, sociales, économiques de la pandémie, les écosystèmes du livre et les maisons d’édition indépendantes sont davantage fragilisées, et pour certaines, tentent de survivre. Si la solidarité entre les créateurs et les professionnels du livre est un des fondements pour la bibliodiversité, cette solidarité s’avère vitale dans le contexte actuel.
Alors que les libertés (d’écrire, d’éditer, de lire) sont de plus en plus mises à mal, retour sur les témoignages et analyses des éditeur·rices indépendant·es pendant le salon Babelica.
Auteur(s) : Mouneer AL-SHAARANI
Pays de parution : Égypte, Émirats arabes unis, Liban, Syrie, Tunisie
Langue(s) :
anglais
, arabe
, espagnol
, français
Écrit en arabe avec une traduction en français, anglais et espagnol, ce livre est coédité par 5 membres du réseau arabophone de l’Alliance internationale de l’édition indépendante (Atlas Publishing, Damas ; Arab Diffusion, Beyrouth ; El Ain, Le Caire ; Med Ali, Sfax et Mamdouh Adwan, Sharjah).
Après une licence à Sciences Po Rennes et une année d’échange universitaire au Chili, Eulalie Patat poursuit actuellement un Master 2 Cultures et Transitions à Sciences Po Rennes. Intéressée par les questions de diversité culturelle, de circulation des savoirs et de politiques du livre, elle s’oriente vers le secteur de l’édition indépendante et engagée. En 2025, elle rejoint l’équipe de l’Alliance internationale de l’édition indépendante en tant qu’alternante.
Speakers :
Tobiloba Afolayan, Nigeria
Sufian Massalema, Czech Republic
Azadeh Parsapour, Iran/UK (Nogaam) Moderated by Hani Altafah, Syria/Turkey (Marfaa for Culture and Publishing)
Tobiloba Afolayan : “Exile has affected my identity positively. I love myself more, and I’m living what I love. I’m living the kind of life I want.”
Sufian Massalema : “I am one of the organizers of a festival of Arabic culture in the Czech Republic because I realized I am living in a privileged country. It is not hard for me to publish books or be active culturally [...] but it’s harder for people who are living in countries like Egypt or Syria. [...] It makes sense for me to use my privilege to help authors publish their books from those less privileged countries or countries that are under some sort of repressive regime.”
Azadeh Parsapour : “As exile publishers, we can be useful and essential in preserving the culture, the heritage, the language, and the narratives because [...] we need to do advocacy publishing.”
Zainab Akhlaqi : “Writing is actually connecting me to my roots, I think of it as a bridge that connects me to my roots and to my country.”
This panel discussion took place during the 2026 edition of the Babelica Book Fair.
Speakers :
Angeli Lacson, Philippines
Max Pasakorn, Singapore
Rocío Medina, Uruguay
Beatriz Llenín Figueroa, Puerto Rico (Editora Educación Emergente) Moderated by Manuel Retamal, Chile (Invertido Ediciones)
Angeli Lacson : “There is so much power in us being able to get together and I see spaces like these, connecting people across countries, across languages, across cultures. This is a very important pathway to building this international solidarity.”
Max Pasakorn : “Giving up is actually so freeing because it means that you don’t have to fit in line, and when people look at you weirdly it doesn’t mean that you’re wrong, it means that you are just being you and the rest of space is wrong or rather there is friction between the people around you and who you are. For me, like in order to exist as a queer person in this conservative space, the only way is to resist it.”
Rocío Medina : “I always reflect on the fact that if I was a man, probably my work would be much easier.”
Beatriz Llenín Figueroa : “That’s what our project is about : to go against the dominant market of what they establish, against the standard”.
This panel discussion took place during the 2026 edition of the Babelica Book Fair.
Intervenant·es :
Salifou Djibo, Niger
Léanne Ramassamy, Martinique
Yoan Francis, Maurice
Ghislain Kabuyaya, République démocratique du Congo (Fleuve de l’Intrigue)
Déborah Pépé, Haïti Modération par Laëtitia Saint-Loubert (France)
Salifou Djibo : « Ce serait un monde dans lequel aucune littérature n’aurait besoin d’être validée dans un centre extérieur pour être considérée comme légitime. Ce serait un monde dans lequel tous les écrivains africains, caribéens, océaniens, seraient lus pour ce qu’ils écrivent et non pas pour l’image exotique que l’on a d’eux. Décoloniser le livre serait de rétablir une égalité de dignité entre les récits. »
Léanne Ramassamy : « On entend beaucoup parler de la résilience haïtienne, c’est un vrai sujet dans la littérature et l’imaginaire antillais. Mais la résilience a ses limites, les humains ont leurs limites et cette demande de toujours résister encore et encore indéfiniment c’est encore une fois nier la problématique. »
Yoan Francis : « Les auteurs mauriciens, pour se faire reconnaître, doivent publier et éditer leurs textes ailleurs pour qu’ensuite ils aient plus de valeur et de reconnaissance, pour exister et se faire de la place dans ce monde assez compétitif qu’est la littérature. »
Ghislain Kabuyaya : « On se rend de plus en plus compte que les gens ne sont pas vraiment au courant de leur propre réalité, de leur propre histoire. Il y a trop peu de jeunes congolais qui maîtrisent l’histoire de la RDC, alors que beaucoup maîtrisent l’histoire de l’Europe par exemple. […] Tout ça est beaucoup plus lié à l’imaginaire, le mental a été colonisé durant très longtemps. »
Déborah Pépé : « Je pense qu’il faut décoloniser notre rapport à ces thèmes [violence, dénuement, misère] et qu’en tant qu’écrivain·e haitien·ne il nous faut avoir une vision plus large, il faut parler de ces thèmes mais avec une certaine précaution de manière à ne pas réduire la réalité. Il nous incombe de fournir une image plus diversifiée et complexe de cette réalité afin de ne pas alimenter certains narratifs qui veulent réduire la réalité haïtienne à seulement la violence et le dénuement. »
Cette table ronde s’est déroulée dans le cadre de l’édition 2026 du salon du livre Babelica.
Ponentes :
Melisa Nungaray Blanco, Mexico
Ian Uviedo, Brazil
Nataschia Navarro, Chile
Rubén Yucra, Peru Moderación : Mar Carrera, Spain (Pol·len Edicions)
Melisa Nungaray Blanco : “Me parece interesante no ver la naturaleza como un objeto de estudio, como algo exterior a nosotros pero integrarla poco a poco a la sociedad.”
Ian Uviedo : “La naturaleza es como siempre la respuesta.”
Nataschia Navarro : “No existe la posibilidad que no haya esa conexión.”
Rubén Yucra : “Nuestra cultura piensa, nuestra cultura questiona, crea conocimientos, y propone formas de entender el mundo de manera mas profundo.”
Speakers :
Slava Svitova, Ukraine (Creative Women Publishing)
Bayan Rashad Faraj, Palestine
Qamar Abdulrahman, Palestine
Anastasiia Lytvynenko, Ukraine
Hala Bizri, Lebanon (Snoubar Bayrout) Moderated by Samar Haddad, Syria (Atlas)
Slava Svitova : “When we talk about these small, manageable communities, this is what authoritarian systems are afraid of : these little communities that you can’t destroy. You can destroy physical buildings, or you can destroy an institution, but you can’t destroy these resilient circles of people who are crisscrossing and are ready to build horizontal networks.”
Bayan Rashad Faraj : “The most dangerous thing that people can use is their ability to dream.”
Qamar Abdulrahman : “The most important form of resistance in our life during war is to live our daily life as human beings, to live our teenage lives.”
Anastasiia Lytvynenko : “For Ukrainians, it’s very unusual not to feel guilty when you’re creating those safe spaces. You usually think, ‘Oh my God, there is a war out there and I am here, chilling with my coffee, writing part of my novel and enjoying this life.’ We constantly feel guilty, and writing, expressing myself, and doing some art probably are some of the least guilty pleasures of my life here, living in the war.”
Hala Bizri : “Many communities give you a sense of oxygen, and we move from one place to another to see where we can belong. When you help others, you feel like you’re helping yourself.”
Samar Haddad : “You shouldn’t feel guilty if you smile, if you laugh, if you listen to music, if you go to a concert, if you go to an art exhibition. You shouldn’t feel guilty if the times are bad. For example, in Damascus, there was a concert and people attended in large numbers. Some of them were crying, but it was a sense of collectiveness, a sense of solidarity.”
This panel discussion took place during the 2026 edition of the Babelica Book Fair.
Speakers :
Amir Muhammad, Malaysia (Buku Fixi)
Lorna Zita, Mozambique
Jahnavi Sen, India Moderated by Müge Gursoy Sokmen, Turkey (Metis Publishers)
Amir Muhammad : “3 209 books are currently banned. It sounds like a lot but it means that there are millions that are not banned ! [...] We are acknowledging that censorship exists but we also are acknowledging that we have the right to talk about it.”
Lorna Zita : “We need to create a world where everyone can speak without fear. When we speak about repression, it is not only about stopping people to speak [...] when people be silenced, we lose important voice in the society.”
Jahnavi Sen : “An entire ecosystem knowing that everyone else also exists and continues to do that, it creates not just solidarity but also a sense of responsibility towards the other that you know. We have to hold this up for each other.”
Müge Gursoy Sokmen : “I’m coming from this country where we had a coup-d’état, a military takeover in Turkey in 1980 and that is why my publishing house was founded. We were students at that time but we wanted to continue talking about things that were important for us.”
This panel discussion took place during the 2026 edition of the Babelica Book Fair.
Présentation
Alors que les autoritarismes se multiplient, que l’extrémisme et la guerre gagnent du terrain et que la planète va mal, il devient de plus en plus difficile d’entrevoir un horizon. Dans ce contexte, comment résister – et comment espérer ?
Cet ouvrage donne la parole à 30 jeunes auteurs et autrices de moins de 30 ans vivant dans 30 pays différents. De petites choses du quotidien à de grands rêves infinis, leurs textes nous disent où se situent leurs résistances et comment ils et elles vivent leurs espérances.
Ce sont ces paroles – du Nigeria et d’Ukraine, d’Afghanistan et du Brésil, de Palestine et du Chili, de Singapour et du Guatemala… – que nous vous proposons de découvrir. Pour puiser, peut-être, un peu de merveilleux dans ces mots qui nous sont adressés.
Préface de Karim Kattan Auteurs et autrices :
Maryam Mahjoba, Afghanistan – Zainab Akhlaqi, Afghanistan – Ian Uviedo, Brésil – Max Pasakorn, Singapour – Rocío Medina, Uruguay – Soukayna Abdouni, Maroc – Salifou Djibo, Niger – Lorna Zita, Mozambique – N’Anza Tata, République démocratique du Congo – Baptiste Théry-Guilbert, France – Sylla de Labaya, Guinée – Nataschia Navarro Macker, Chili – Rose Taha, Palestine – Dimitrios Tsolakis, Grèce – Sufian Massalema, République tchèque – Eztizen Artola Iturrate, Pays basque – Bayan Rashad Faraj, Palestine – Tobiloba Afolayan, Nigeria – Melisa Nungaray Blanco, Mexique – Yoan Francis, Maurice – Violetta Kim, Ukraine – Stéphana Dorval, Haïti – Thomas-Louis Novillo, France – Léanne Ramassamy, Martinique – Uashteskun, Québec – Abinaya Ghina Jamela, Indonésie – Rubén Yucra, Pérou – Déborah Pépé, Haïti –Aïmen Laïhem, Algérie – Jahnavi Sen, Inde – Kutay Onaylı, Turquie – Angeli Lacson, Philippines – Sylvie Ekobo, Cameroun – Pía Rye, Guatemala
Toutes les autres informations sur ce numéro et la revue Bibliodiversité sont à retrouver ici.
La revue Bibliodiversité est coéditée par Double ponctuation et l’Alliance internationale de l’édition indépendante.
« Résister et espérer » a reçu le soutien de la Fondation Jan Michalski, que nous remercions très chaleureusement.
At a time when linguistic diversity is receiving unprecedented attention and faces challenges in AI, the IBBY–UNESCO Collection of Remarkable Books for Young Readers in Indigenous and Endangered Languages stands as a testament to the enduring value of languages as living expressions of knowledge, identity and imagination.
This joint initiative reflects the shared commitment of the International Board on Books for Young People (IBBY) and the United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization (UNESCO) to place children and young readers at the heart of global efforts to safeguard and promote linguistic diversity.
« Alors que nous sommes entrés dans le XXIe siècle, il est difficile de dissocier la fin des moyens : que dire, et où le dire ? Ainsi, nous constatons que beaucoup d’idées et d’écrits cherchant à promouvoir le débat, la création et la pensée critique, la justice et l’égalité sont publiés dans des grands conglomérats aux multiples labels éditoriaux. Le pouvoir transformateur de ces œuvres n’est-il pas réduit à néant lorsqu’elles plongent dans les rouages de l’industrie du divertissement ? C’est un fait, les sociétés transnationales, quel que soit leur domaine d’action, sont l’expression même du système qui nous domine. Les choisir comme maisons d’édition, n’est-ce pas, d’une manière ou d’une autre, laisser le monde des idées transformatrices aux mains de ceux qui jettent les bases du modèle que nous critiquons ? N’est-ce pas renforcer le contrôle du grand capital sur la parole et notre vie quotidienne ? Par ailleurs, comment ne pas s’interroger sur les investissements croisés des groupes d’entreprises qui possèdent les maisons d’édition ? Et, ces croisements sont-ils neutres ? »
Dans cette lettre ouverte, les éditrices et éditeurs indépendant.e.s proposent à l’ensemble des acteurs du livre de réfléchir avec elles et eux à leurs pratiques, et aux impacts qui en découlent. Elles et ils appellent notamment les auteurs, les universitaires et les intellectuels à travailler pour des projets dont la vocation est de transformer l’ordre des choses et non de le consolider, à publier leurs œuvres dans les maisons d’édition indépendantes de leur pays, et à privilégier également des maisons d’édition indépendantes lorsqu’il s’agit de céder les droits étrangers et de traduction.
Alors que le monde entier subit les conséquences sanitaires, sociales, économiques de la pandémie, les écosystèmes du livre et les maisons d’édition indépendantes sont davantage fragilisées, et pour certaines, tentent de survivre. Si la solidarité entre les créateurs et les professionnels du livre est un des fondements pour la bibliodiversité, cette solidarité s’avère vitale dans le contexte actuel.
Un label d’engagement pour réaffirmer le rôle culturel, social et politique du livre et de la lecture
« Conscients de notre responsabilité envers l’avenir de nos sociétés, l’environnement et l’humanité ; convaincus que seule une action commune et solidaire permettra de changer la donne et d’inverser les dynamiques de concentration, de destruction et de domination des uns sur les autres, les membres de l’Alliance internationale de l’édition indépendante réaffirment leur engagement en faveur d’une édition décoloniale, écologique, féministe, libre, sociale et solidaire (voir Déclaration de Pampelune-Iruñea, 2021). À travers ce label, nous exprimons notre devoir de mettre en pratique la durabilité et la bibliodiversité dans chacun de nos livres. »
La valeur ajoutée culturelle, sociale et économique des maisons d’édition indépendantes est souvent peu connue en dehors des professionnels de l’écosystème du livre et de la lecture, et passe inaperçue auprès des lectrices et lecteurs. De même, parmi les maisons d’édition indépendantes, il existe différentes manières de réaliser le travail éditorial, plus ou moins alignées sur les bonnes pratiques de durabilité et de bibliodiversité que défendent les éditeur·rices de l’Alliance internationale de l’édition indépendante.
Dans ce contexte, le réseau hispanophone de l’Alliance internationale de l’édition indépendante a décidé, par le biais de ce label, de communiquer aux lecteur·rices et aux acteur·rices du monde du livre, sur la différence qu’il y a entre publier un livre au sein d’une maison d’édition indépendante engagée et au sein d’une multinationale.
Le label met en évidence trois axes de travail éditorial : écologique, décolonial, social et solidaire. Trois lignes directrices sont élaborées pour chacun de ces axes.
ÉCOLOGIQUE
1. Le livre a été imprimé localement (dans le pays/région où travaille l’éditeur·rice) afin de réduire l’empreinte carbone générée par le transport depuis d’autres latitudes. Il contribue également au développement de l’économie locale.
2. Le tirage du livre a été ajusté au plus près de son potentiel commercial, évitant ainsi le surstockage, qui entraîne un surplus d’utilisation de matières premières et l’augmentation des ressources stockées.
3. Aucune matière plastique supplémentaire n’a été utilisée en dehors de celles requises pour le livre en fonction des conditions climatiques dans lesquelles il a été imprimé, afin de protéger l’environnement, la qualité et la durabilité du livre.
DÉCOLONIAL
1. La maison d’édition publie des ouvrages dans des langues minorées/minoritaires/autochtones favorisant ainsi la pluralité des contenus, la démocratisation de l’accès à la lecture et la circulation des idées au-delà des langues hégémoniques.
2. La maison d’édition coédite avec d’autres maisons d’édition indépendants, dans son propre pays ou dans d’autres pays de même langue, afin de promouvoir le travail en commun, la solidarité et le renforcement des écosystèmes locaux.
3. La maison d’édition est membre d’une association locale et/ou internationale de maisons d’édition indépendants œuvrant au renforcement de la bibliodiversité.
SOCIAL ET SOLIDAIRE
1. À temps de travail égal, l’écart de rémunération au sein de la maison d’édition ne dépasse pas une échelle de 1 à 3, afin de garantir une rémunération équitable entre les salarié·es.
2. Les droits d’auteur sont respectés conformément à la réglementation en vigueur et un revenu équitable a été convenu entre l’auteur·rice et l’éditeur·rice.
3. La publication privilégie l’accès au livre au-delà de la logique du marché, en favorisant la circulation des idées par l’établissement d’un prix juste, qui cherche à déterminer la valeur la plus économique possible de l’œuvre, en tenant compte de la durabilité du livre et du catalogue éditorial.